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LAuvergne est, en superficie, la 10ème des régions métropolitaines françaises. Cest une région majoritairement de montagne, à climat froid et humide, culminant au Puy de Sancy (1885 m), au Plomb du Cantal (1858 m) et au Mézenc (1753 m).
Géologiquement : le socle hercynien, très érodé, donne des plateaux granitiques ; il a été cassé par le plissement alpin, doù le fossé deffondrement de la Limagne et le volcanisme qui recouvre un quart du territoire et produit les reliefs les plus élevés.
Les sommets reçoivent directement les pluies de lAtlantique (2400 mm deau par an à la sapinière du Falgoux, sur le flanc ouest du Cantal) et la bordure sud-est reçoit les violents orages méditerranéens. En plaine, en revanche, les précipitations sont parfois faibles (500 à 600 mm/an par endroits)
La forêt auvergnate et son histoire
Les forêts auvergnates bénéficient de conditions écologiques très variées et plutôt favorables.
En plaine et dans les vallées encaissées (Allier, Loire), une lame deau inférieure à 600 mm/an et des températures estivales élevées, sans compter des sols parfois superficiels, sont une limite à la végétation forestière. Le chêne y est lessence prédominante parfois en mélange avec le pin sylvestre, et souvent traité en taillis.
La montagne est le domaine des résineux (hormis le hêtre) : pin sylvestre, sapin, épicéa, douglas, mélèze, par ordre dimportance en surface décroissante.
La forêt, en dehors de quelques noyaux jamais défrichés, est le fruit de la déprise agricole entamée depuis 1850 : enfrichement naturel ou plantations volontaires.
Du fait des glaciations, le cortège arboré de montagne est naturellement pauvre en Auvergne puisque les seuls résineux autochtones sont le pin sylvestre et le sapin pectiné.
Les forestiers ont introduit dautres essences, européennes ou nord-américaines, que lon peut considérer comme acclimatées lorsquelles se régénèrent naturellement. Les plus importantes sont, par ordre décroissant, lépicéa commun, le douglas, le pin laricio de Corse, le mélèze dEurope ou du Japon, et le chêne rouge.
Les autres espèces, véritablement exotiques, sont très peu utilisées.
De par leur localisation en moyenne montagne, beaucoup de ces boisements ont été faits majoritairement en résineux, et les feuillus sont devenus légèrement minoritaires sur le plan régional. Ainsi, le pin sylvestre, lépicéa commun et le douglas ont été successivement utilisés dans les plantations.
Une forêt très morcelée mais variée
La forêt auvergnate, tant publique que privée, est particulièrement morcelée :
- la forêt privée représente environ 600 000 ha appartenant à quelques 210 000 propriétaires. La plupart de ceux-ci possèdent chacun à peine 2 ha, le plus souvent répartis en 3 parcelles non contiguës
Moins de 13 % des propriétaires possèdent plus de 4 ha.
- la forêt publique représente 100 000 ha : 36 000 ha de forêt domaniale, auxquels s'ajoutent 64 000 ha appartenant à 140 communes et 1600 sections.
Ce morcellement entraîne dincontestables difficultés de gestion, mais il engendre aussi une diversité biologique liée à la diversité des peuplements forestiers, des propriétaires et des modes de gestion.
La forêt et son exploitation
La forêt auvergnate pousse chaque année d'environ 4.9 millions de mètres cubes de bois. Il n'en est récolté qu'environ 2.2 millions, soit moins de la moitié.
La récolte de bois, notamment résineuse, est insuffisante autant dans les jeunes plantations que dans les futaies adultes ce qui est problématique pour :
- la stabilité des peuplements (accentuation des risques de chablis) ;
- la biodiversité du sous-bois ;
- la vie économique de la filière.
La filière bois auvergnate représente environ 2200 entreprises, dont 300 exploitants forestiers et scieurs.
Une richesse patrimoniale
En dehors de linventaire ZNIEFF qui intéresse la moitié de la forêt régionale, les forêts sont citées à deux titres :
- Les paysages, tout particulièrement dans la chaîne des Puys du fait de son classement au titre de la loi de 1930.
- La richesse écologique. Dans ce domaine, Natura 2000 est sans aucun doute le dispositif le plus important pour classer les sites intéressants comme habitats despèces rares ou menacées ou pour la protection doiseaux.
Certaines forêts et certaines régions sont très visitées, et comportent des aménagements pour un accueil en sécurité du public. La forêt reste un milieu naturel, donc à risque.
La gestion traditionnelle actuellement plutôt extensive des forêts anciennes mélangées permet le maintien d'espèces patrimoniales reconnues.
Dans les secteurs de boisement plus récent, la juxtaposition de gestions différentes engendre également une certaine diversité, limitée toutefois par le caractère monospécifique dense des plantations résineuses.
La proportion des très gros bois continue daugmenter et ce sans réelles intentions de la part des propriétaires sylviculteurs. On constate un vieillissement global de la forêt et un grossissement des arbres, favorables à tout un cortège despèces vivantes liées à ces milieux. De la même manière, le nombre darbres morts en forêt est en augmentation constante.
Ainsi, 20 % de la surface forestière auvergnate est concernée par une zone naturelle d'intérêt écologique, floristique ou faunistique de type I, et 10 % des forêts fait l'objet d'un statut de protection (Natura 2000, réserves naturelles, arrêtés de protection de biotopes etc.).

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